Rencontre avec Irulaane

Rencontre avec Irulaane

Auteur de Aiguille sous roche, La Chose

Bonjour Irulaane,

Vous êtes l’auteure d’Aiguille sous roche, roman policier interactif, disponible sur l’application Readiktion. Pourriez-vous, pour mieux vous connaître, nous dire qui vous êtes, votre parcours, la façon dont vous avez connu Readiktion ?

Vous voulez savoir comment j’ai été piégée dans cette folle histoire ?

Il était une fois, en juin 2017, un petit mail anodin, dans lequel un certain monsieur B. faisait allusion à un précédent échange et me reprécisait les conditions d’écriture d’un Readiktion. Stupeur et tremblements : je n’avais aucun souvenir de cette conversation (mon double maléfique avait sans doute œuvré dans mon dos !). J’ouvris la pièce jointe et là, je découvris un univers incroyable de possibilités multiples qui correspondait totalement au mien ! En effet, j’écrivais depuis quatre ans des polars théâtraux interactifs dont le spectateur était le héros. Il n’y avait donc pas de hasard…

D’où vous vient votre envie d’écrire et de créer ?

Je pourrais dire, comme Obélix, que je suis tombée dedans quand j’étais petite… J’étais une enfant très malade, j’ai appris à lire très tôt et j’ai découvert dans les livres le monde sans limites de l’imagination.

J’ai commencé à écrire mon premier roman à huit ans. Je me souviens encore de l’histoire. Une petite fille découvrait un coquillage sur la plage et lorsqu’elle le mettait contre son oreille, il lui chuchotait une adresse où elle devait se rendre pour découvrir un trésor…

Vous êtes écrivaine, mais aussi professeure de lettres et de théâtre, comédienne, conteuse, metteure en scène et réalisatrice improvisée. La créativité semble prendre beaucoup de place dans votre vie…

Parfois peut-être un peu trop… J’ai tendance à oublier que les journées ne font que 24 heures, même pour moi (d’ailleurs, je tiens à dire ici que je trouve cela totalement injuste !).

Mes héros de toujours sont les hyper créatifs comme Jean Cocteau. Tout me passionne, je voudrais tout savoir, tout faire, tout essayer, comme lui, « être tenue à l’impossible »…

Vous organisez également le festival Arts Scéniques et Vieilles Dentelles. Un événement qui fait coïncider votre passion du théâtre et du polar, puisque vous y proposez une immersion dans une enquête policière grandeur nature. Pouvez-vous nous parler un peu plus de ce projet ?

C’est le projet qui m’a conduite à Readiktion et auquel j’ai mis (temporairement ?) un terme cette année… pour cause d’explosion personnelle imminente !

C’était pharaonique. L’équipe atteignait près de 80 personnes : 40 comédiens, techniciens, costumiers, décorateurs… pour mettre en œuvre un parcours complexe de déambulation au cœur d’une enquête policière. Les spectateurs suivaient des guides et se baladaient dans les flashbacks de l’affaire, ses interrogatoires, ses repas de famille houleux, ses petits secrets d’alcôve, pour tenter d’élucider un meurtre commis au début de la soirée. À minuit, le public était réuni et votait : il choisissait un coupable. Tout cela dans les cours, douves et salles du château médiéval du Grand-Pressigny. La pièce était imaginée sur mesure pour le lieu et le nombre de comédiens pendant l’hiver… Après l’avoir écrite, je mettais en scène la totalité du spectacle lors d’une résidence estivale de cinq semaines.

Autant vous dire que je m’écroulais avec le rideau final…

Où puisez-vous votre imagination ?

Il est difficile de répondre à cette question. Parfois, ce sont des lectures, un fait divers qui m’interpellent, une expérience personnelle. Souvent, à la base d’une histoire, il y a une ambiance, une époque, un accent, une lumière particulière ou un son.

J’aime le polar pour cette raison, parce que cela correspond pour moi à une esthétique et à une époque particulières, très souvent la première moitié du XXe. Il y a, dans mes premiers souvenirs de lectures policières, un goût de vintage dans lequel j’adore me replonger par les mots.

Quelles sont vos habitudes d’écrivaine ? Quelle place trouver pour écrire ? Le temps tout simplement ?

Plus jeune, je pensais que je ne pouvais écrire qu’inspirée, la nuit, seule évidemment, et malheureuse en prime. (La pluie ou le brouillard était la cerise sur le gâteau !) J’avais cette vision fantasmée de l’écrivain maudit qui choisit la plume pour éviter la corde…

Avec le temps, j’ai compris que l’inspiration, c’est bien, mais que le travail intense et constructif, c’est mieux. J’ai surtout découvert le bonheur qu’il y a à écrire et à raconter des histoires, un bonheur qui est davantage ouvert à l’autre que centré sur soi, même si écrire reste une nécessité et une urgence personnelles.

Depuis quelques années, mon rythme d’écriture étant devenu beaucoup plus soutenu, je suis bien plus adaptable. Mes seuls besoins sont mon ordinateur, mes petits carnets de notes et des écouteurs !!! J’ai une série de playlists « Écriture » qui me conditionnent presque automatiquement et m’isolent du reste du monde, où que je sois.

Il n’empêche que j’ai pris l’habitude depuis plusieurs années de partir seule régulièrement pour me ménager des bulles atemporelles de création. Mes lieux privilégiés sont les abbayes où je réside quelques jours, loin du bruit et de la pression du quotidien. Je choisis parfois une région en lien avec mon histoire pour y planter ses racines. J’ai monté le scénario d’Aiguille sous roche à Étretat… le berceau de L’Aiguille creuse !

Quel est, selon vous, le rôle de l’éditeur dans un projet d’écriture ?

Pour moi, il a été essentiel. Je ne serais jamais allée au bout du projet sans lui. J’ai découvert un interlocuteur toujours présent, à l’écoute, encourageant, motivant, pointu, bienveillant mais sans complaisance : un véritable coach pour lequel on a envie de se dépasser.

En tant que prof de lettres, vous êtes forcément confrontée à la réticence de certains élèves pour lire. Pensez-vous que les romans interactifs sur application peuvent faciliter le goût pour la lecture ? Avez-vous essayé de les faire lire sur application ?

C’est mon challenge pour cette année !

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