Rencontre avec Émilie Bottini

Bonjour Émilie, 

Vous êtes l’auteure des Chroniques d’Insularis, roman d’aventure interactif disponible sur l’application Readiktion.

Si vous le voulez bien, commençons par votre présentation. Qui êtes-vous et quel est votre parcours ?

L’écriture a toujours fait partie de moi. Il m’a simplement fallu quelques années pour me lancer et accepter de faire lire mes récits. Comme j’apprécie différents formats de fictions (aussi bien les livres, les séries, les films ou les jeux vidéo), j’écris aussi bien des scénarii que des romans. Grâce à Readiktion, j’ai ajouté une corde à mon arc : la littérature interactive ! De la même manière, j’apprécie plusieurs genres d’œuvres et cela se ressent dans mon travail. Ainsi, Les Chroniques d’Insularis mélange de la fantasy, de l’historique et du policier.

D’où vous vient votre envie d’écrire ? 

Autant que je me souvienne, je me suis toujours raconté des histoires. Enfant, je me créais des univers où je faisais prendre vie à mes jouets. Adolescente, j’échappais à mon quotidien, parfois difficile à cet âge, en réécrivant à ma façon des fictions que j’aimais. Jusqu’au jour où j’ai commencé à imaginer mes propres histoires vers l’âge de 16 ans.

Avant d’être auteure de romans, vous êtes scénariste. En quoi cela nourrit-il votre écriture ? 

Les personnages d’un film s’appréhendent de la même façon que les gens dans la vie, dans le sens où on ne perçoit pas leurs pensées profondes. On ne peut que deviner leur personnalité à travers leurs paroles, leur gestuelle ou leurs actes. Je trouve cette approche extrêmement riche car elle laisse le spectateur très actif. J’essaie ainsi de toujours garder à l’esprit qu’un personnage peut se caractériser efficacement par l’action. Plutôt que d’entrer dans sa tête et de ne laisser aucun doute sur ses émotions et son ressenti comme le roman le permet.

Cela vous a-t-il notamment aidée et/ou poussée vers l’écriture interactive ? Et pourquoi ?

Ce qui m’a réellement poussée vers l’écriture interactive, c’est mon goût pour les jeux vidéo. J’ai eu l’occasion de jouer à des créations basées sur le même principe que Readiktion : permettre au joueur de faire des choix et d’influer sur l’histoire. C’est la raison pour laquelle écrire ma propre fiction interactive m’a immédiatement séduite ! Je voulais que le lecteur prenne du plaisir à l’aspect interactif : qu’il ne se sente pas enfermé trop rapidement dans une des histoires du roman et qu’il ressente ses choix comme étant importants dans le déroulement de l’intrigue. 

Pourquoi avez-vous décidé de placer l’intrigue des Chroniques d’Insularis pendant l’Antiquité ?

Il s’agit d’un univers inspiré de l’Antiquité grecque pour être exacte. L’histoire, et plus précisément les mythes et légendes, inspire toutes mes œuvres, même si ce n’est pas toujours aussi évident que dans Les Chroniques d’Insularis, qui fait référence aussi bien au mythe du Minotaure, qu’à celui d’Œdipe. Ce qui me passionne dans ces vieux mythes, c’est leur part de vérité historique. Cela incarne pour moi le besoin fondamental de l’être humain de raconter des histoires pour échapper à la réalité. Cela montre également la puissance d’une fiction. D’une certaine façon, je suis émue en pensant que des histoires comme L’Iliade et L’Odyssée ont pu traverser les siècles.

Quelles sont vos habitudes d’écrivaine ? Avez-vous des lieux fétiches pour écrire par exemple ?

Mon travail se résume en deux habitudes auxquelles je déroge rarement : d’une part, écrire chez moi, seul endroit où je peux me concentrer réellement. D’autre part, écrire chaque semaine, toujours les mêmes jours et à la même heure. Agir par habitude m’évite de me poser des questions et cela libère ma créativité. Même si je ne suis pas toujours énormément inspirée, il est rare qu’il ne ressorte absolument rien d’une séance d’écriture. 

Quels sont vos livres de chevet ou de référence ?

J’aime tout particulièrement les œuvres qui revisitent une légende ou le parcours d’un personnage mythique, tout en leur donnant une dimension contemporaine. À ce titre, Les Dames du lac de Marion Zimmer Bradley est une vraie réussite. En racontant le mythe du roi Arthur à travers le regard des personnages féminins, l’auteur y aborde une vraie réflexion sur la place de la femme dans la société et la maternité. Une œuvre divertissante et profonde à la fois.

Si ce n’est pas un secret d’État, quels seront vos prochains projets ?

J’ai deux projets en cours d’écriture qui paraîtront en format numérique : une nouvelle fantastique, Braconnages, au mois d’octobre 2019, et Démons intérieurs, un roman fantastique également, au mois d’avril ou mai 2020.

Merci Émilie pour vos réponses qui permettent à vos lecteurs d’en savoir un peu plus sur vous ! À bientôt !

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Les Chroniques d’Insularis