Rencontre avec Ange Beuque

Bonjour Ange,
Vous êtes l’auteur de La Malédiction, roman fantastique et interactif disponible sur l’application Readiktion.

Si vous le voulez bien, commençons par votre présentation. Qui êtes-vous et quel est votre parcours ?

À mon grand regret, mon enfance fut bien trop heureuse et équilibrée pour me prévaloir du statut d’artiste maudit. Tant pis pour la postérité…
Puis j’ai intégré une prépa littéraire à Lyon, avant d’effectuer un master de lettres modernes. J’ai fait le choix d’embrasser la carrière de professeur des écoles par goût de la transmission aux plus jeunes, mais également pour fuir cette créature de cauchemar, plus impénétrable que le plus obscur des monstres fantastiques, connue sous le nom d’« adolescent ».

D’où vous vient votre envie d’écrire ?

De la nécessité de trouver un exutoire aux idées qui encombrent mes pensées – surtout les plus idiotes.

Vous êtes écrivain, mais aussi professeur des écoles. Votre travail avec ces jeunes esprits semble nourrir votre imaginaire de façon importante. Pouvez-vous en parler à vos lecteurs ?

Les enfants ne sont pas pollués par l’imaginaire conventionnel. Ils appréhendent le monde derrière un filtre d’innocence, inventent de nouveaux usages, opèrent spontanément des connexions impossibles.  Leurs réponses déstabilisantes constituent une mine d’absurdités, d’autant plus précieuses qu’elles sont pures. Les enfants sont également spécialistes du renversement des valeurs, lorsqu’un élément dérisoire devient à leurs yeux un enjeu crucial. Leur fantaisie est féconde, impulsive. Avoir la chance de les observer au quotidien fournit une matière brute, qui oblige à reconsidérer ses évidences.

Vous avez co-publié de nombreux ouvrages. Qu’est-ce qui vous a poussé à publier aujourd’hui en digital et, qui plus est, un roman interactif ?

J’ai eu la chance de rencontrer Gilles Barbier et Lionel Besnier, qui m’ont expliqué le concept de l’application Readiktion. J’ai trouvé ça formidable !
On a intuitivement tendance à considérer le numérique, et particulièrement les smartphones, comme des concurrents du livre. En réalité, ça nous oblige à inventer de nouvelles manières de consommer la fiction, de proposer des alternatives en phase avec les lecteurs : injecter de l’interactivité, segmenter en épisodes qui peuvent être dévorés le temps d’un trajet en transport en commun…
En tant qu’auteur, la contrainte et la nouveauté sont toujours très stimulants !

La Malédiction est votre premier roman interactif. Comment vous êtes-vous organisé pour
l’écrire ?

J’ai procédé avec d’autant plus de méthode que l’univers que je voulais déployer était baroque. J’avais besoin de piliers forts pour éviter que ma fantaisie ne s’effondre sous son propre poids.
Je souhaitais également que la structure entre en résonance avec l’univers, puisque les choix de fin d’épisode n’introduisent pas une inflexion binaire dans l’intrigue mais permettent d’accéder à différentes « destinations ». Il m’a fallu composer des lignes de force suffisamment solides pour souder ce patchwork. Sans ces arbitrages préalables, avec de surcroît les ramifications offertes par l’interactivité, je pense que le récit n’aurait jamais abouti. Une fois le cadre solidement établi, il était bien plus facile d’habiller chaque « monde » d’absurdité.

Garderez-vous un bon souvenir de cette expérience ? Cela vous a-t-il donné envie d’en écrire
d’autres ?

Pourquoi pas ? À la condition qu’il me vienne une nouvelle idée de concept ludique.

Merci Ange pour vos réponses qui permettent à vos lecteurs d’en savoir un peu plus sur vous ! À bientôt !

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La Malédiction