Les dessous des cartes « En attendant la tempête »

Svetlana, pourquoi cet humour constant, fait de tendresse et de vacheries échangées, notamment entre vos deux personnages Max et Ian ?

Ah ah, parce que… Bonne question. J’aime bien quand les relations ne sont pas lisses. Parce que, dans la réalité, elles ne le sont pas et c’est toujours plus sympa de suivre des personnages qui ont une complicité, une histoire, qui ne se contentent pas de discuter météo.

Le prénom de Max, qui peut être indifféremment porté par une fille ou un garçon, c’était volontaire ? Et si oui, pourquoi ? C’est un manifeste ?

C’est… un peu volontaire. Disons que je n’aime pas beaucoup les choses bien rangées dans leurs petites cases. Et un prénom est un élément important pour caractériser un personnage. Pour moi, le personnage prend vie quand il commence à être nommé. Et avec « Max », j’ai testé sur quelques lecteurs et quasiment tous y ont vu un personnage masculin d’entrée de jeu. C’est quand même dommage de se limiter, non ?

Vous n’êtes pas tendre avec toute forme de comportement bas de gamme, mais aussi avec les militants de la cause animale. Trois d’entre eux sont particulièrement gratinés dans votre histoire. Il y a une raison particulière ?

Ces trois spécimens ne sont pas aidés, c’est vrai ! Mais le fait qu’ils militent (si on peut appeler ça « militer ») pour la cause animale n’est pas vraiment le point. Parce que si je ne suis pas tendre, c’est plutôt avec les extrêmes.

Vous êtes certaine que ce n’est pas une vengeance personnelle ?

Mais non, voyons. Je ne suis qu’amour et petites fleurs !

Un avis sur le mouvement vegan ?

Des gens très bien ! Mais vraiment, je le répète, je n’avais pas pour but de critiquer une communauté ou une autre. C’est surtout une interrogation sur la question de faire les mauvaises choses pour les bonnes raisons. Et bon, je suis sûre que chacun(e) saura trouver sa réponse !

Qu’est-ce qu’une chabriole ?

Un très gros chat avec tout plein de dents, qui a un petit faible pour les jugulaires de ses interlocuteurs.

Un taupiteur ?

Ne vous laissez pas avoir par son nom, il n’a rien en commun avec les taupes. Quant à son apparence… Non, je crois que vous n’êtes pas prêts.

Vous faisiez des cauchemars avouables plus jeunes ?

Vous auriez bien voulu expliquer toutes ces bestioles par des cauchemars, hein ? Eh bien, non. Je n’en ai pour ainsi dire jamais fait. Je sens de la déception !

Encore maintenant ?

Toujours pas ! Le secret, c’est un mode de vie sain qui consiste à maltraiter des personnages matin, midi et soir.

Comment vous est venue l’envie d’écrire pour Readiktion ?

Je suis toujours à la recherche de nouvelles expériences à tenter en écriture. J’ai écrit des histoires à l’envers, en chronologie éclatée, en dialogues uniquement. Et je n’avais pas encore d’histoire interactive. C’était l’occasion de tenter !

Est-ce que le choix de l’histoire à raconter a été une évidence pour vous ?

Pas directement. Quand j’avais pris contact avec Readiktion pour proposer quelque chose, j’avais une autre histoire à l’esprit. C’était plus SF post-apo avec des zombies qui sautillaient dans des décombres. Mais au bout de quelques chapitres, j’ai vu que je n’accrochais ni à l’histoire, ni aux persos. C’est alors que j’ai eu l’idée de reprendre une nouvelle que j’avais écrite pour la développer un peu. C’est comme ça qu’on s’est retrouvé avec cette histoire-là.

Comment, concrètement, avez-vous travaillé sur le découpage de l’histoire, puis des chapitres ?

J’ai commencé par faire un plan à l’aide d’un logiciel de mind mapping. J’avais un objectif en termes de nombre de chapitres, j’ai donc réparti l’histoire avec les différents choix. C’était très différent de ce que je fais d’habitude, vu que je ne détaille jamais un plan jusqu’au bout par risque d’abandon. Et là, c’est passé crème. Puis j’ai écrit en suivant des chaînes logiques. Je fonctionnais par niveaux de profondeur : j’en faisais un complet, puis je passais au suivant, etc. Ça permettait d’évoluer en même temps que l’histoire et de ne pas se perdre dans les éléments à placer ou partir dans des redites.

Combien de temps avez-vous mis ?

Question compliquée vu que je n’ai pas écrit d’un coup, j’ai eu quantité de projets en parallèle. Mais en gros, quand je m’y mettais, j’étais à un ou deux chapitres par jour, ce qui a dû faire un bon mois au total.

Est-ce que vos personnages vous ont surprise au fur et à mesure que vous avanciez ?

Mes personnages me surprennent toujours ! On a beau les planifier, ils finissent toujours par partir là où ils ont envie. Et finalement, ce n’est pas si mal, j’aime l’improvisation.

Est-ce que vous reprendriez les mêmes personnages, la même intrigue pour une histoire plus linéaire sans choix interactifs proposés aux lecteurs ?

Avant de commencer cette histoire, j’avais envisagé de transformer la nouvelle en un texte plus conséquent. Mais maintenant qu’il est interactif, autant qu’il le reste, non ?

Avez-vous le sentiment d’avoir mis un peu de vous-même dans le récit ?

Surtout dans la chabriole ! Mais sinon, bien sûr qu’on se retrouve toujours avec des morceaux de nous dans les textes qu’on écrit. Ça peut être discret, ça peut l’être moins. Je ne sais pas trop comment c’était ici. On verra après une lecture par les gens qui me connaissent. Ça va encore se finir par un passage sur le divan, ça !

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En attendant la tempête