Le dessous des cartes « Le Donjon »

Dans Le Donjon, vous racontez l’histoire d’un enfant qui grandit au sein d’une grande famille soudée. Vous êtes-vous inspiré de votre propre enfance pour raconter cette histoire ?

Oui, en partie. Toute la famille de ma mère se réunissait chaque été. A la rentrée scolaire, j’avais toujours une petite boîte dans laquelle se trouvait de la lavande cueillie en juillet. Je la respirais de temps en temps la journée pour tenir.
Je retourne toujours dans ce village. Il reste très peu d’habitants connus de cette époque. Il y en a de nouveau, des gens venus de la ville pour retrouver une vie. L’été, il y a un petit marché le vendredi soir où les producteurs bio de la vallée, des paysans de toujours, et des bobos convertis proposent leurs fruits et légumes, bière locale, olives, fromages… Je m’y rends deux ou trois fois, comme un touriste et j’observe. Avant, les hommes du village jouaient à la pétanque sous les platanes toujours aussi majestueux. Des vieux bergers les observaient, les touristes étaient rares. Je connais chaque pierre des ruelles. Je n’ai pas de nostalgie, de bons souvenirs.

L’enfance, ce moment merveilleux quand cela se passe normalement, ce moment d’insouciance et de tous les possibles, n’est-il pas au cœur, plus globalement, de vos engagements ? Ne serait-ce, justement, pour qu’il soit bien, pour tous, pas ce moment d’insouciance et de construction personnelle ?

Oui, l’enfance est un moment merveilleux, malheureusement pas pour tout le monde, mais c’est pour tous le début de sa construction. Et elle se poursuit toute sa vie. Il faut avoir cela en tête. S’améliorer chaque jour, pour soi, ceux que l’on aime et pour ses contemporains est pour moi la base d’une vie réussie.
Quant à mes engagements, je me suis battu et je me bats pour réaliser des choses qui ont un sens. Cela me permet d’apporter ma contribution à mon époque. Je suis très friand de la stratégie de la goutte d’eau. Si chacun fait un peu quelque chose… Il y a de quoi en écrire des pages ou en faire un Readiktion !

Un des personnages dans Le Donjon est en cavale. Vous vous êtes basé sur un fait divers existant ?

J’ai fui l’école dans ma tête, fugué très jeune et j’ai besoin de me retrouver seul souvent ou de me ménager des temps de solitude dans la journée. Même de quelques minutes.
Je dois être un peu en cavale en permanence dans mon esprit (sourire).

Avez-vous, en fonction des choix de lecture que vous proposez à la fin de chaque chapitre, des scénarii favoris, dans Le Donjon et dans Game Over à Hanoï ?

Au début oui, mais à force d’avoir relu, corrigé, des dizaines de fois, tous ont un sens. Du coup, je n’ai pas vraiment de préférence. Je n’en renie aucun.

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Le Donjon