Les dessous des cartes « Am Stram Gram »

Anne-Véronique, pourquoi cette intrigue et le choix de la romance mêlée au thriller ?

Que dire… ? Mon côté inconscient ? Je n’avais jamais écrit de romance, ni de thriller, alors je me suis dit : « Vas-y, ma fille, fonce ! Fais les deux en même temps, dans un format nouveau ».

Je crois que j’ai bien fait. J’ai adoré.

Comment, concrètement, avez-vous travaillé sur le découpage de l’histoire puis sur les chapitres ?

Am Stram Gram est un huis clos entre trois personnages. Une femme, son mari, son amant. Le challenge était de réinventer l’histoire en jouant sur les points de vue de chacun. Nous avons un lieu central, un drame qui se joue tout au long d’une année. 365 jours pour comprendre. Trois personnages racontent. C’est un roman choral.

J’ai raconté une première version à travers Gregory, puis je l’ai réinventée comme si Jennifer en avait été l’héroïne et avait eu l’opportunité d’agir. Enfin, pour la troisième histoire, je me suis concentrée sur ce qu’aurait fait William dans la même situation.

Mes personnages ont plusieurs personnalités. Nous ne sommes jamais tout blanc ou tout noir, c’est cette complexité psychologique qui m’intéresse : ce que l’on fait par amour, par peur, par haine, par ambition ou par bêtise. Nous agissons toujours pour chacune de ces raisons dans une vie, soyons honnêtes. Ici, cela arrive à mes trois héros tout le long d’une année. Au lecteur de choisir sa version.

Les mises sous tension ?

Ce fut probablement le plus difficile pour moi qui n’écris jamais de thriller.

J’ai mis fin à chaque chapitre au moment d’une révélation. Et, croyez-moi, avec trois personnages comme ceux-là, des révélations, j’aurais pu en laisser davantage. En me laissant faire, et en osant, tout est possible.

Combien de temps avez-vous mis ?

Tout d’abord, j’ai travaillé trois semaines sur le projet que j’ai présenté à Readiktion.

J’avais finalisé la présentation des personnages principaux, l’univers, la trame, les trois scénarii, les trois chapitres de début et toute l’arborescence. L’arborescence, sur huit paliers, avec deux à trois choix possibles à chaque fin de chapitre. C’est ce qu’il y a de plus difficile à préparer, surtout pour moi qui ai l’habitude d’écouter mon instinct.

J’ai eu l’accord de Readiktion pour mon projet fin juillet.

J’ai débuté l’écriture le 2 août, j’en ai fini l’écriture le 14 octobre, en y travaillant tous les jours. Sachant que la trame était complètement prête, ainsi que les personnages.

Environ trois mois et demi très intenses.

Est-ce que vos personnages vous ont surprise au fur et à mesure que vous avanciez ?

Mais oui ! Je ne m’y attendais pas, mais ils m’ont tous surprise. Tout en conservant mon plan. Ils ont tous pris une place inattendue, comme si aucun ne voulait être un second rôle. Ils ont joué des coudes. Greg est devenu plus… Jen beaucoup moins… et William, celui-là, quel… !

Ils se sont révélés au fur et à mesure que l’intrigue prenait forme. Il n’y a que le chat qui est resté honnête dans l’histoire.

Pourquoi avoir commencé le premier chapitre par Greg plutôt que par sa femme ou son meilleur ami ?

Je ne sais pas. Parce que.

Au départ, il était mon héros mais sa femme et son meilleur ami ont voulu avoir une part du gâteau, et ils l’ont eue !

Avez-vous le sentiment d’avoir mis beaucoup de vous-même dans le récit ?

Oui, bien sûr ! Chacun de mes textes est une autobiographie, même lorsqu’ils ne parlent pas de moi. Je suis autant Greg, que William, que Jennifer. Je suis même Nascha, le chat de la maison. Je vous fais peur ?

(rires) Un petit peu, mais j’ai encore quelques questions alors je reste ! Et sinon, pourquoi ce titre d’Am Stram Gram, comme une comptine ?

Le titre m’est venu car cette écriture fut un jeu. Que va-t-il se passer ? Qui va mourir ? Qui va vivre ? Et si on disait que le méchant, c’était ?… J’ai envie d’écrire : « Plouf plouf, ce sera toi qui sera la victime ou le méchant, ou le traître… ». Bref, je me suis beaucoup amusée, et comme il y a plusieurs possibilités dans un même roman, je trouvais qu’Am Stram Gram le symbolisait parfaitement en donnant une légèreté qu’il n’y a pas dans mon histoire. Nous sommes bien dans un thriller.

Avoir de l’imagination, des histoires en tête, c’est une force ou une faiblesse dans la vie de tous les jours ?

J’ai envie de dire les deux. Je me fais tout le temps des films dans tous les sens de l’expression. Donc je m’angoisse très vite.

Êtes-vous par ailleurs une lectrice ?

Oui ! Dès que possible.

Avez-vous des auteurs de prédilection ?

Depuis que j’écris et que je fais des salons, mes choix ont changé. Maintenant, je lis davantage les auteurs que je rencontre.

Des lectures récentes ou plus anciennes essentielles pour vous ?

La lecture récente qui m’a le plus émue c’est Le reste de sa vie d’Isabelle Marier. Voilà quelqu’un capable de raconter une histoire sous tension avec une écriture magnifique.

Et pour la suite ? Des projets en cours ?

Oui, un récit sur un sujet plus intime qui devrait sortir en 2018.

Un Readiktion ?

J’aimerais beaucoup, oui. Je réfléchis à un nouveau projet, mais je n’ai encore rien proposé. Pour l’instant, j’attends de voir comment sera accueilli Am Stram Gram. S’il plaît, alors je reviendrai. Si Readiktion veut toujours de moi.

Un conseil pour les futurs auteurs qui souhaiteraient se lancer dans l’écriture d’un Readiktion ?

Ce que m’a dit l’équipe de Readiktion quand j’ai commencé l’écriture :

« Ne vous censurez pas, lâchez-vous et éclatez-vous ». Le secret est dans le plaisir.

Et quelles raisons de se laisser tenter par la lecture d’un Readiktion ?

Le format est idéal, on a son livre dans la poche de son jean, avec la possibilité de lire n’importe où et n’importe quand plusieurs histoires dans un roman. Readiktion, c’est se laisser porter dans un monde parallèle, une enquête, une tension, en quelques secondes, sans avoir envie de le quitter. Que demander de plus ?

Pour finir, craignez-vous l’avis des lecteurs et lectrices sur votre travail ?

Oui, je tremble. J’espère que mes lecteurs habituels aimeront cette nouvelle aventure, et que de nouveaux lecteurs apprécieront mes histoires. J’ai envie que ce soit le début d’une longue aventure « Readiktionnienne » ! Tiens ! J’ai inventé un mot.

Les encouragez-vous à vous contacter via l’appli ?

Avec un immense plaisir ! J’accepterai tous les compliments et les critiques aussi. Promis !

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