Le dessous des cartes « La Rêveuse de Veldys »

Bonjour Rachel, vous êtes l’auteure de La Rêveuse de Veldys, roman fantastique interactif publié sur l’application Readiktion.

Pourriez-vous expliquer à vos lecteurs comment et pourquoi êtes-vous devenue écrivaine ?

Ecrivaine ? Conteuse plutôt ! Ce qui me motive, c’est de raconter des histoires. Après m’en être racontée à moi-même pendant longtemps (tout va bien, merci !), j’ai décidé de sauter le pas et de les faire sortir de ma boîte crânienne… Pas une mince affaire, les mots étant retors et peu accommodants. Mais précisément, trouver le mot évocateur, faire passer les émotions justes pour ensuite les partager, je me suis aperçue que ça valait vraiment le temps et l’effort que j’y consacrais. Je ne me suis plus arrêtée.

Avez-vous un auteur et un livre préféré ?

S’il fallait n’en choisir qu’un ce serait Philip K. Dick pour la puissance de son esprit visionnaire et de son imagination. Et de lui : Blade Runner, ou plutôt, dans la version originale : Do androids dream of electric sheep (c’est quand même plus classe, non ?)

Mais je me nourris d’histoires depuis toujours, alors j’ai aussi envie de citer en un joyeux foutoir : William Shakespeare, Albert Camus, Marguerite Yourcenar, Albert Cohen, Georges Orwell, Isaac Asimov, Ursula Le Guin, Yoko Ogawa… et puis comme on les oublie souvent bien injustement, des auteurs de cette littérature jeunesse si vivante en France : Jean-Claude Mourlevat, Malika Ferdjoukh, Marie-Aude Murail, Hélène Montardre, Pierre Bottero… Parité respectée, mais pour la cohérence, on repassera. Malgré tout, si vous en voyez une, je serai ravie d’en discuter avec vous…

Vous faites partie d’une communauté sur internet, Plume d’Argent, pouvez-vous nous expliquer de quoi il s’agit et ce que cela vous a apporté ?

Plume d’argent est une communauté ouverte et accueillante de passionnés d’écriture. Il suffit de pousser la porte dans un esprit d’échange, qu’on écrive ou pas d’ailleurs.

L’auteur maudit qui rédige son chef d’œuvre seul dans sa mansarde poussiéreuse, c’est un peu vieillot, non ? L’écriture est une joie qu’on a envie de partager, en aidant les autres à progresser et à se faire plaisir en écrivant. C’est ça plume d’argent.

Mais si pour vous l’écriture est une torture et que vous sortez toutes les larmes de votre corps à chaque page, vous pouvez venir quand même, on vous chatouillera sous les pieds… (avec une plume)

Vous écrivez des histoires fantastiques, avec des personnages décalés, évoluant dans des univers parallèles. Où puisez-vous votre imagination ?

J’ai une petite porte chez moi, qui mène vers ces univers parallèles…

Est-ce qu’il vous arrive d’avoir du mal à revenir à la réalité lorsque vous êtes plongée dans l’écriture de votre histoire ?

La réalité, laquelle ?

Comment construisez-vous vos personnages ?

Je fais des fiches personnages qui décrivent leur caractéristiques, leurs goûts… Non, en fait pas du tout ! Mes personnages existent, ils sont là, ils frappent à la porte et viennent tout me raconter. Ce sont en général eux ou elles qui me font entrer dans l’histoire.

Par ailleurs, j’aime les personnages fragiles, un peu fêlés, qui avancent avec leurs doutes et leurs questions. Le héros sans peur et sans reproche, jeune, beau, sportif, séducteur et qui-ne-meurt-jamais, très peu pour moi… j’en baille d’ennui…

Pourquoi deux héroïnes dans votre roman interactif ?

Parce que j’en avais envie !

Il y a deux choses qui m’énervent : en premier, les romans qui ne laissent aucune place réelle à une moitié de l’humanité et dont les seuls personnages féminins sont là pour servir de faire valoir au vrai héros (forcément un homme…). J’ai encore lu très récemment un best-seller de SF où le seul personnage féminin notable était la mère défunte du héros… Morte, donc… un chouette rôle, non ?

Mais ce qui m’agace aussi (un peu moins quand même), ce sont les efforts de certains auteurs de mettre à toute force de la diversité dans leurs romans : comme s’il fallait cocher des cases et mettre exactement autant d’hommes que de femmes, des personnages issus de plusieurs minorités (ethniques, LGBT, handicapés…). Très bien sur le principe, mais quelquefois, ça sonne tout simplement faux, et pour moi c’est contreproductif.

L’écriture d’un roman interactif était-il un nouvel exercice pour vous ? Pouvez-vous nous expliquer le fonctionnement que vous avez adopté ?

C’était totalement nouveau, et un défi à relever. Mais n’est-ce pas un des rêves inavoués de tout auteur de ne pas être contraint, chapitre après chapitre, à une succession de choix uniques ?

Avec le roman interactif, explorer le champ des possibles devenait un petit plaisir. Cela a nécessité néanmoins une grande planification pour rassembler tous les morceaux du puzzle : impossible d’improviser comme j’aime le faire dans des écrits plus classiques.

Ce qui était passionnant, c’était d’envisager que les personnages fassent des choix différents sans que cela change leur personnalité : ils devaient rester les mêmes, malgré des choix plus ou moins heureux ou judicieux de leur part. Il faut arpenter tous les méandres de mon roman interactif pour avoir la vision pleine et entière de la personnalité de chacune des héroïnes.

Avez-vous d’autres projets d’écriture ?

D’autres écrit en cours, oui. J’aime expérimenter avec des formats et des contraintes différentes. Me lancer des défis. En ce moment, je publie sur plume d’argent un roman participatif, un petit frère du roman interactif ; les lecteurs votent à la fin de chaque chapitre pour la suite que j’écris ensuite. Là, on est beaucoup plus dans l’improvisation, car les choix des lecteurs sont déterminants. Et ils me surprennent souvent !

Sinon, j’ai en cours un roman de SF avec un héros muet et amnésique. J’aime les plaisirs simples…

Readiktion propose aux lecteurs de s’adresser directement aux auteurs. En tant qu’auteur, trouvez-vous cette fonctionnalité intéressante ? Avez-vous une idée des questions ou des remarques que vos lecteurs pourraient vous adresser ?

Je trouve ça très bien. J’ai déjà l’habitude de répondre à mes lecteurs sur plume d’argent, alors je ne pense pas être dépaysée. J’espère juste que les commentaires seront aussi bienveillants que là-bas…

Merci Rachel, à bientôt !

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La Rêveuse de Veldys